"Dhikr"
Au début, je comptais
Je calais les mots sur la respiration
Presque technique.
Maintenant, dès que je me tais,
ça revient
Juste le souffle et des mots en fond
et entre deux mantras
je me rappelle :
Entre moi
et une goutte d’eau,
il n’y a pas de hiérarchie.
Juste des existences.
Je suis une créature.
Pas une idée.
Pas un rôle.
Une créature.
Dans quelque chose de beaucoup plus large que moi
Je me rappelle : Pendant que je suis là,
quelqu’un tombe.
Quelqu’un fuit.
Quelqu’un attend.
Pas loin.
Jamais loin.
Et pendant ce temps,
une forêt devient du papier.
Un poisson ouvre la bouche dans une eau opaque.
Il y a des humains qui se battent ce matin.
Pas dans les livres.
Dans des cuisines, dans des rues, dans des tribunaux, dans des corps fatigués.
Il y a quelqu’un qui nettoie une plage sans caméra.
Quelqu’un qui refuse de signer un papier.
Quelqu’un qui nourrit un chat qui n’est pas le sien.
Quelqu’un qui respire mal dans une ville trop dense.
Je ne les vois pas.
Mais ils existent sans moi.
Alors je reviens.
À mes doigts.
À l’air qui entre sans effort.
À cette phrase répétée jusqu’à ce qu’elle perde son sens
et qu’elle devienne juste un rythme.
Je ne cherche pas à comprendre.
Encore moins à réparer.
Je prends quelques minutes
pour me situer.
Dhikr puis tawakkol.
Et rien n’est réglé.
Mais je sais un peu mieux
où je me tiens.
🌻🌻🌻
K.B.


Love this, very mystical, spiritual. Thought-provoking